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Perdre le combat et non votre identité

Et si une défaite ne disait rien de votre valeur ? On vous prépare à gagner mais personne ne vous prépare à perdre.

Et pourtant, ça arrive à tout le monde. Même aux meilleur·es.

Vous pouvez perdre parce que l’adversaire était plus fort ce jour-là. Sur décision des juges, alors que vous avez vécu un combat bien plus serré que ne le laisse penser le score. À cause d’une blessure qui a perturbé votre préparation ou changé le combat en quelques secondes.

Il y a autant de raisons de perdre qu’il y a de combats.

Le problème commence souvent après.

Quand vous ne pensez plus seulement :

« J’ai perdu ce combat. »

Mais :

« Peut-être que je ne suis pas au niveau. »
« Peut-être que je ne suis pas fait·e pour ça. »
« J’ai fait tous ces sacrifices pour rien. »

À ce moment-là, vous ne regardez plus seulement un résultat : vous commencez à l’utiliser pour tirer des conclusions sur vous-même.

Un combat raconte un moment et non qui vous êtes

Un combat, c’est un adversaire, un état physique et mental, une stratégie, un arbitrage, des imprévus. Tout cela se rencontre pendant quelques minutes et produit un résultat.

Ce résultat raconte ce qui s’est passé ce jour-là et non tout ce qui a précédé, et encore moins tout ce qui suivra.

Imaginez un·e comédien·ne qui essuie des dizaines de refus avant d’obtenir le rôle qui changera sa carrière. Chaque refus ne prouve pas une absence de talent. Il correspond à un rôle, un jury, un contexte et à un moment précis et bien sur un ring ou dans une cage, c’est pareil.

Vous pouvez vous être sérieusement préparé·e, avoir progressé et avoir livré un bon combat… sans repartir avec la victoire.

La vraie question est donc : Quel sens allez-vous donner à ce résultat ?

« J’ai fait tout ça pour rien »

C’est probablement l’une des pensées les plus violentes après une défaite.

Bien sûr, il n’y a pas que le combat. Il y a le poids à tenir, les régimes stricts, les sorties refusées, la fatigue, les semaines organisées autour des entraînements, le temps pris sur votre vie sociale ou familiale. Pendant des mois, tout converge vers une seule date alors quand la victoire n’arrive pas, le cerveau fait rapidement le calcul :

pas de victoire = tous ces sacrifices n’ont servi à rien.

Mais ce calcul est faux.

Il suppose que tout ce que vous avez investi n’avait de valeur que si vous obteniez le résultat attendu.

Or, la discipline développée pendant ces mois n’a pas disparu. La technique travaillée non plus. La connaissance de votre corps, de vos réactions, de vos limites est toujours là.

Ce qui n’a pas eu lieu, c’est une victoire précise, à une date précise et cette distinction est importante car si seule la victoire peut donner du sens à tout ce que vous investissez, chaque combat se transforme en tribunal.

Il devient quelque chose que vous devez absolument réussir pour justifier tout ce que vous avez donné et c’est là que la pression augmente. Cette peur de perdre de nouveau, je la détaille dans Préparation mentale : le KO.

Ce que la défaite peut réellement vous apprendre

Séparer le résultat de ce que vous pensez de vous-même ne signifie pas minimiser la défaite.

Au contraire, une défaite contient souvent des informations qu’une victoire aurait pu masquer : une faille technique, une erreur tactique, une préparation à revoir, une gestion émotionnelle qui vous coûte de l’énergie, une blessure qui demande davantage de récupération.

Il faut donc regarder la défaite en lui posant la bonne question qui n’est pas celle-ci

« Qu’est-ce que ça dit de moi ? »

mais plutôt celle-là :

« Qu’est-ce que ça m’apprend ? sur quoi je dois travailler ? »

La différence est fondamentale car dans un cas, vous cherchez un coupable : vous.

Dans l’autre, vous cherchez des informations pour progresser, et c’est précisément ce qui vous permet de continuer à avancer parce qu’une fois le verdict annoncé, une autre bataille peut commencer :

« J’ai déçu tout le monde. »
« Les autres avaient raison de douter de moi. »
« Maintenant, je dois absolument gagner le prochain. »

Cette dernière pensée est particulièrement piégeuse parce que le prochain combat ne sert alors plus seulement à gagner. Il sert à réparer le précédent.

À prouver que vous êtes toujours légitime, que vous avez le niveau et que les sacrifices en valaient la peine, et vous repartez avec un poids supplémentaire.

La Méthode des 3L : empêcher la défaite de vous suivre jusqu’au prochain combat

C’est notamment ce que je travaille avec la Méthode des 3L.

1. Localiser

D’abord, identifier ce qui fait réellement mal.

La défaite elle-même ?

Ou ce qu’elle semble remettre en cause ?

2. Lâcher

Oui, vous avez perdu.

Mais cela n’efface ni votre préparation, ni ce que vous avez développé pendant ces mois, ni les circonstances réelles du combat.

L’objectif n’est pas de chercher des excuses.

Il est de faire le tri entre ce dont vous pouvez tirer une leçon et ce que vous êtes inutilement en train de retourner contre vous-même.

3. Libérer

Ce tri change la façon dont vous revenez à l’entraînement.

Vous pouvez corriger une erreur sans vous condamner pour l’avoir commise.

Vous pouvez travailler un point faible sans en faire la preuve que vous n’avez pas le niveau.

Mais surtout, le prochain combat n’a plus à réparer le précédent.

Vous pouvez à nouveau entrer dans votre arène pour combattre.

Vous combattez pour vous exprimer et vous n’avez plus besoin de gagner pour savoir qui vous êtes.

Et maintenant ?

Une défaite peut faire mal. Elle peut décevoir. Elle peut demander du temps avant d’être digérée.

Mais une fois l’émotion passée, il reste deux choses très différentes à regarder :

Ce que cette défaite vous apprend sur votre combat :

La première peut vous faire progresser et la seconde mérite parfois d’être laissée sur le ring.


À propos de moi

Je m’appelle Mathilde Declercq, préparatrice mentale spécialisée dans les sports de combat. Découvrez ma préparation mentale à distance pour combattants de haut niveau.

J’accompagne les combattantes et combattants à ne plus laisser un résultat les suivre mentalement jusqu’au combat suivant, afin qu’ils puissent tirer les bonnes leçons de leur performance et retrouver leur arène sans avoir quelque chose à prouver.

Vous sortez d’une défaite et vous avez l’impression de continuer à la combattre dans votre tête ?

Mon accompagnement vous aide à faire le tri entre ce que cette défaite peut réellement vous apprendre et ce que vous n’avez plus besoin de porter.


Vous vous reconnaissez dans cet article ?
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